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20/10/2017

Ce que les femmes doivent à l’Eglise, ce que l’Eglise doit aux femmes…

Quand on découvre qu’un producteur de cinéma est un prédateur sexuel, cela défraie la chronique. Sans doute parce que la célébrité et le nombre de ses victimes éclairent une face sombre du monde du spectacle ; mais aussi parce que cela libère la parole de femmes d’autres milieux, également victimes de harcèlement et d’agressions sexuelles au travail, dans la rue ou dans les transports en commun.

Si cela permettait la prise de conscience du fait que nul ne peut considérer l’autre comme l’objet d’une pulsion à satisfaire, nous pourrions nous en réjouir. Mais il n’est pas sûr que ce soit le cas. D’abord parce qu’une parole plus libre sur ce sujet ne garantit pas un changement en profondeur chez des hommes qui, sans être des prédateurs, se comportent en mâles dominants. Ensuite, parce que dès que l’on envisage de tels comportements comme la conséquence d’un héritage culturel, les religions sont vite montrées du doigt, jugées coupables d’avoir instauré chez les hommes un sentiment d’impunité. On a ainsi entendu sur une radio nationale, une chroniqueuse s’appuyer sur une citation de Saint Paul tronquée et sortie de son contexte, pour rendre l’Eglise catholique et les autres religions responsables de tels actes. Outre qu’une telle vision tend à exonérer de leur propre responsabilité les hommes qui s’en rendent coupables, elle est erronée.

L’opinion est largement répandue que l’Eglise est dirigée par des hommes qui ne partagent guère leur pouvoir. Cela fait oublier que dans les pays occidentaux, l’Eglise a, dans le passé, davantage fait progresser la cause des femmes que bien des gouvernements. Ainsi, il fut un temps, pas si lointain, où les hommes estimaient qu’ils pouvaient répudier leur femme pour en changer selon leur bon plaisir. L’Eglise, en défendant avec vigueur le principe de l’indissolubilité des liens du mariage, a évité à nombre de femmes d’être abandonnées et mises au ban de la société. La rupture avec l’Angleterre d’Henri VIII en est une illustration. Alors, qui peut dire que derrière l’attitude constante de l’Eglise sur ce sujet, il n’y a pas eu un progrès de la cause féminine ?...

Un autre fait, moins connu peut-être, concerne l’éducation. A l’heure où dans certains pays, des petites filles paient de leur vie le fait d’aller à l’école, il n’est pas anodin de rappeler qu’en France, les premières écoles qui ont accueilli des filles ont été créées par des congrégations religieuses dès le XVIIème siècle. Celles-ci accueillaient, non seulement les filles de la bonne société, mais également les filles pauvres, les premières payant pour les secondes. Elles apprenaient à tenir un ménage, à lire et à compter.

Aujourd’hui si nos communautés chrétiennes vivent et rayonnent, n’est-ce pas aussi parce que de nombreuses femmes donnent de leur temps, de leur énergie, de leurs talents pour transmettre la Foi aux plus jeunes, assurer une présence auprès des malades, apporter aide et soutien aux plus pauvres ?.. L’Eglise a sans doute encore des progrès à faire pour reconnaître ce qu’elle doit aux femmes. Faut-il, pour autant, oublier ce que les femmes doivent à l’Eglise ?

Bruno Voisin

13/10/2017

« Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté »

C’est reparti ! l’heure de Noël n’a pas encore sonné, les 12 coups de minuit n’ont pas encore retenti que déjà, la guerre ouverte l’année dernière contre les crèches est repartie de plus belle. Par décision de la Cour d’appel administrative de Nantes, l’exposition d’une crèche été autorisée dans l’hôtel du département en Vendée et par décision du tribunal administratif de Lyon,  une autre a été retoquée au conseil régional d’Auvergne. Les procès ont été menés par la ligue française pour la défense des droits de l'Homme et du citoyen et la Fédération de la Libre pensée et d'action sociale du Rhône. Ces deux associations n’ont-elles rien de mieux à faire ? Jusqu’où peut aller la bêtise humaine ? Napoléon disait qu’au moins la malhonnêteté avait des limites ! Mais, allez, pour une fois, soyons fous : osons pousser les opinions des libres penseurs et autres groupes égalitaristes jusqu’au bout…

Aussi je propose dix mesures phares à appliquer dès que possible afin de respecter le sacro-saint (pardon, l’essentiel) principe de laïcité et d’égalité nécessaire à la bonne marche de la société. Je tiens à signaler que la plupart de ces mesures ont été entendues ces dernières années dans nos médias nationaux.

1.     Tous les clochers doivent être rasés : ils sont une provocation à la laïcité de notre pays. Avantage : les cloches ne vous dérangeront plus.

2.     Tous les villages commençant par « saint » se verront amputés de ce qualificatif : ainsi Saint-Quentin-la-Motte-Croix-au-Bailly (80) s’appellera désormais : Quentin (Lamotte et Bailly étant des termes féodaux donc suspects, Saint et Croix l’étant plus encore).

3.     Les toiles religieuses ou autres expressions artistiques religieuses seront dorénavant réservées au domaine exclusivement privé : l’interprétation du requiem de Verdi par exemple sera interdite, sauf chez vous, à domicile, si vous avez les moyens de construire une salle de concert et à condition de ne pas gêner les voisins par le chant du Dies Irae.

4.     Tous les concerts de Noël, marchés de Noël et autres repas de Noël seront à présent interdits : ils ne pourront subsister que s’ils se nomment « du solstice ».

5.     Pour un strict respect de l’égalité entre les hommes et les femmes, les toilettes seront unisexes, à commencer par les administrations. Corollaire : les vestiaires et les douches des clubs sportifs également.

6.     Les tournois sportifs seront désormais mixtes sur un principe de parité. Pour les sports se pratiquant à deux, comme la boxe, on envisagera des combats sans compétition pour ne heurter personne.

7.     La parité sera appliquée dans tous les domaines professionnels de gré ou de force, comme pour le domaine politique : ainsi, les hôpitaux devront accueillir 50% d’infirmiers et les transporteurs 50% de déménageuses ; on pourra aussi envisager d’incarcérer plus de femmes afin de se rapprocher du quota égalitaire.

8.     Par souci d’égalité, tout enfant qui montrera un talent particulier dans quelque matière que ce soit par rapport à ses camarades sera sévèrement tancé. Les notes seront donc les mêmes pour tous. On pourra même envisager leur suppression, puisque l’égalité de tous sera enfin reconnue.

9.     Les termes féminin comme sentinelle (n.f.) ou estaffette (n.f.) pourront désormais s’écrire au masculin au même titre que maire ou ministre sont à présent hermaphrodites.

10. La congélation des ovocytes sera désormais généralisée : il n’est pas juste que les hommes puissent procréer jusqu’à 70 ans passés et que les femmes ne soient fécondes que jusqu’à 45 ans. Elles pourront ainsi procréer jusqu’à 60 ans passés.

Je suis persuadé que ces premières mesures sauront faire prendre conscience à notre société de toute la liberté à côté de laquelle elle est en train de passer, s’arcboutant sur de vieux schémas sexistes et idéologiques qu’il convient de jeter aux orties. Soyons certains que d’autres bonnes idées suivront ! Et l’Homme (hommes et femmes, cela s’entend), l’Homme, dis-je, enfin libéré de ces contraintes sociales et injustes, pourra définitivement savourer le plus haut degré de liberté qu’il puisse conquérir, à savoir : …euh… mais quoi, au fait ?

Père Sébastien +

06/10/2017

L’humiliation comme divertissement ?...

 L’émission de Laurent Ruquier « On n’est pas couché » diffusée samedi 30 septembre sur France 2 a laissé à ceux qui l’ont regardée un  sentiment de malaise qui n’est pas qu’anecdotique. Invitée de l’émission, l’ancienne députée écologiste Sandrine Rousseau était venue y présenter le livre dans lequel elle fait le récit de l’agression sexuelle dont elle a été victime de la part de l’un des dirigeants de son parti. Chroniqueuse de l’émission, l’écrivaine Christine Angot qui, dans son enfance, fut elle-même victime de viol et d’inceste, l’a violemment prise à parti puis a quitté le plateau la laissant en larmes devant les caméras.

 Pour donner plus d’intensité à l’émission (qui était enregistrée), le montage diffusé minimisait le coup d’éclat de Christine Angot tandis qu’il s’attardait complaisamment sur les larmes de Sandrine Rousseau.

 Le malaise qui en résulte tient d’abord au comportement de Christine Angot. Nul doute que cette femme qui n’a cessé de mettre en scène sa propre intimité dans ses romans, reste la victime des violences qu’elle a subies dans son enfance. Et si cela n’entraîne aucune obligation d’admiration pour l’écrivaine, cela mérite au moins notre compassion. Pour autant, être victime donne-t-il un droit à faire subir à d’autres victimes de violences du même type une telle agression verbale ? En d’autres termes, le malheur que l’on a subi autorise-t-il à se transformer en bourreau ? Et au-delà, le fait d’être chroniqueuse d’une émission grand public donne-t-il en toute impunité tous les droits sur un plateau de télévision ?

 La seconde raison de notre malaise tient à la dérive de la télévision qui semble désormais bien prompte à se repaître du spectacle de l’humiliation. Nous savions que les chaînes de radio et de télévision avaient remplacé l’humour par une ironie moqueuse et malveillante. A l’exception de leurs journalistes bien sûr, elles visent des cibles tous azimuts : personnalités politiques ou religieuses, patrons, intellectuels… Malheur à celui qui ne pense pas comme leurs animateurs potaches… Nous savons que sur une chaîne privée, Cyril Hanouna fait prospérer son fonds de commerce grâce à l’humiliation de ses collaborateurs et de cibles choisies avec soin. Nous pouvions espérer que le service public de l’audiovisuel, financé par la redevance, saurait s’en préserver. Nous constatons avec Laurent Ruquier qu’il n’en est rien. Désormais, dans les émissions de grande écoute, peu importe le sujet abordé (en l’espèce il s’agissait de la violence faite aux femmes agressées sexuellement), celui-ci devient secondaire puisqu’il est occulté par le spectacle de l’humiliation devenu le sujet principal.  

 Dans l’empire romain, les jeux du cirque donnaient en spectacle au peuple de Rome des gladiateurs se livrant à des combats à mort ou des condamnés, notamment les chrétiens, livrés aux fauves. A la fois plus subtile et plus perverse, au nom du rire, notre époque a remplacé le sang par les larmes et l’humiliation qu’elle promeut aux yeux de centaines de milliers de téléspectateurs dans des émissions classées « divertissements ». Dans le même temps, nous nous insurgeons contre le manque de respect de la dignité des personnes. Cherchez l’erreur !

 Bruno Voisin

03/10/2017

SOUTIEN SCOLAIRE : Les parents qui souhaiteraient inscrire leur enfant au soutien scolaire (école-collège) le mercredi après-midi.

Merci de vous signaler au presbytère par téléphone ou par mail (0235905120 - paroisseforgesleseaux@orange.fr)

03/10/2017

ORATOIRE ST BLAISE LA CROIX DU PARC à MAUQUENCHY  

La bénédiction de la statue St Blaise aura lieu le 21 octobre 2017 à 15h .

Une carte postale représentant St Blaise est proposée à la vente afin d'aider au financement de la statue.     

Merci pour votre générosité                   

29/09/2017

Europe, qu’as-tu fait de tes rêves ?

           Le 26 septembre dernier, Emmanuel Macron livrait à la Sorbonne un discours énergique et volontaire, à l'image du personnage, exposant ses projets pour l'Europe. Faut-il le rappeler ? L'idée d'une union des pays d'Europe s'est faite sur les ruines et les blessures laissées par la seconde guerre mondiale. Le principe initial était simple : plutôt que de faire fonctionner un marché de l'acier et du charbon les uns contre les autres, six pays décidèrent de consacrer leur énergie à s'unir économiquement ; plutôt que de construire des canons de part et d'autre des frontières, des hommes et des femmes prirent la décision de travailler ensemble sur un projet d'union économique et politique. L'Europe est donc née d’une volonté d'en finir avec les guerres fratricides entre les pays d'un vieux continent, en particulier après les boucheries et les crimes contre l'humanité accomplis lors de deux guerres qui se déroulèrent en grande partie sur son territoire et auxquelles nombre de pays du monde prirent part. En 1951, l'Europe n'est pas d'abord une utopie, mais une nécessité construite au nom de la paix. Depuis lors, l'union européenne n'a cessé de s'agrandir pour rassembler aujourd'hui 28 pays. Ce projet porte une ambition considérable : maintenir la paix sur un continent où les nationalismes hérités de l'histoire n'ont cessé de se concurrencer jusqu'à se faire la guerre les uns aux autres.

Partie d'une idée enthousiaste, la mise en pratique de l’Europe s'est petit à petit essoufflée : le NON signifié par plusieurs pays au traité de Maastricht n’a pas trouvé d’échos dans leurs institutions politiques qui décidèrent de passer le traité en force. Le pape François lors de ses deux discours prononcés à Strasbourg le 25 novembre 2014 tentait de réveiller l'Europe pour qu'elle cherche un sens non pas dans le déploiement de structures administratives et lourdes, mais dans un projet humain : « À l’Europe, nous pouvons demander : où est ta vigueur ? Où est cette tension vers un idéal qui a animé ton histoire et l’a rendue grande ? Où est ton esprit d’entreprise et de curiosité ? Où est ta soif de vérité, que jusqu’à présent tu as communiquée au monde avec passion ? De la réponse à ces questions, dépendra l’avenir du continent. (...) L’Europe doit réfléchir pour savoir si son immense patrimoine humain, artistique, technique, social, politique, économique et religieux est un simple héritage de musée du passé, ou bien si elle est encore capable d’inspirer la culture et d’ouvrir ses trésors à l’humanité entière. » Plus récemment, le 23 juin 2016, le vote du brexit par les Anglais laisse l'union européenne groggy, ses institutions amorphes, voire recroquevillées sur ce qu’elles savaient faire : la normalisation ; du moins est-ce ainsi que le citoyen lambda que je suis l’a perçu. En d'autres termes, les pays membres n'ont pas montré qu'ils avaient compris ce message fort envoyé par les citoyens d'un pays de l'union européenne et n'ont pas profité de cette opportunité pour engager un nouveau débat sur ses fondements.

                  C'est dans ce contexte qu'intervient le discours d’Emmanuel Macron. Certains journaux (Le Monde entre autres, que pourtant l’on ne peut taxer d’europhobe) en publie une analyse blasée et peu enthousiaste, arguant que ce qui est proposé est déjà fait, a déjà été tenté, ou fait partie de la catégorie que l'on appelle « serpent de mer ». De la même façon, certains pays réagissent sur les idées exposées en les qualifiant de : « trop tôt », « à discuter », etc. Pour ma part, je suis profondément heureux de ce discours. Non pas tant pour les idées exposées, je n'ai pas la compétence pour les analyser ; mais par ce qu’il nous est donné un vrai discours enthousiaste, dans lequel un homme s'engage au-delà même de ses propositions, et est même prêt à sacrifier un certain nombre des prérogatives de son pays pour que d'autres pays plus faibles puissent mieux assumer la responsabilité de la gouvernance de cette union. Derrière ce discours, il y a, je crois, avant tout, une volonté de demander aux pays membres, et particulièrement aux plus importants, de se ressaisir du projet et de le porter de nouveau sur leurs épaules avec l’aide des plus faibles, afin de l'entraîner vers de plus hauts sommets.

                  Ce discours est, selon moi, et encore une fois au-delà des idées qu'il énonce, une des dernières chances pour que l'Europe reprenne son avenir en main. Emmanuel Macron veut remettre le moteur en marche, avec une Angela Merkel que l'on dit fragilisée mais qui parvient tout de même à se faire réélire. Et nous sommes en droit d'espérer que le projet européen réveillé par ce discours énergique puisse porter les ambitions et les rêves des peuples qui y ont cru et veulent y croire encore. Sinon, l'union européenne ne sera plus qu'une machine kafkaïenne à fabriquer des normes, ce qui est toujours plus facile que d'élaborer un véritable projet qui soit ni ponctuel ni sectorisé, mais qui prend en charge un héritage commun en vue de lui donner un avenir.

 Père Sébastien

 

24/09/2017

« Empêcher que le monde se défasse… »

 La révision des lois de bioéthique est prévue au cours de l’année 2018. Mais deux sujets ont, sans attendre, surgi dans l’actualité : la PMA et l’euthanasie. La PMA avec l’annonce par la Secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes d’un projet de loi ouvrant la PMA à toutes les femmes. L’euthanasie avec la médiatisation de la demande de suicide assisté par une femme atteinte de la maladie de Charcot et le dépôt d’une proposition de loi visant à la légaliser.

Il s’agirait, dans le premier cas, de faire naître des enfants sans père et, dans le second, d’instaurer en l’encadrant, un permis de tuer. Ces deux sujets bouleversent notre conception de l’homme et notre regard sur les êtres les plus fragiles (enfants, malades…). Les débats auxquels ils doivent donner lieu, compte tenu de leur complexité, ne peuvent être tronqués ou se régler à coups de petites phrases. Ils nécessitent, au contraire, une information claire et rigoureuse sur la législation actuelle et son application (par exemple, ce que préconise la loi en matière de soins palliatifs). De même, tout en portant attention aux situations concrètes il ne faudra pas se laisser envahir par l’émotion devant des cas présentés comme emblématiques, et donner toute leur place aux réflexions que peuvent apporter médecins et juristes, philosophes et responsables religieux.

Le processus de révision des lois de bioéthique implique, préalablement aux débats parlementaires, un débat public sous forme d’états généraux. L’organisation de ces états généraux est confiée au Comité consultatif national d’éthique. De cette manière, les citoyens que nous sommes pourront faire entendre leur voix dans ce cadre. Une opportunité à saisir !

Dans ce contexte, pour nous chrétiens, deux écueils seront sans doute à éviter. Le premier est l’excès de moralisme car les arguments sur ce terrain sont désormais inaudibles dans la société française. Deux des slogans majeurs de mai 68 étaient « il est interdit d’interdire » et « jouissons sans entrave » ! Ils sont si bien rentrés dans les esprits que nous vivons aujourd’hui sous le règne du « c’est mon droit et tant que celui-ci n’enlève rien aux autres, tout m’est permis ». Y compris considérer un enfant comme un objet à posséder au nom de l’égalité… C’est sur un autre registre qu’il faudra se situer.

Le second écueil concerne l’Eglise de France et la manière dont elle prendra part aux débats. En effet, n’oublions pas que la société française, en adoptant la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905, a voulu s’émanciper d’une Eglise parfois tentée d’imposer sa loi. Qu’elle sache faire entendre sa voix avec force est essentiel. Mais si elle donnait l’impression de vouloir imposer son point de vue, elle risquerait l’échec. Pas simple de trouver le ton juste pour peser dans ce débat !..

Le 10 décembre 1957, dans son discours de réception du prix Nobel de littérature, Albert Camus affirmait : « Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse ». Saurons nous y parvenir ?

Bruno Voisin

15/09/2017

Faut-il interdire le portable dans les classes ?

Le candidat Macron avait placé cette proposition dans son programme électoral ; une interview du magazine L’Express au ministre de l’éducation nationale s’est chargée de rappeler cette promesse électorale à l’occasion de la rentrée des classes. La question est emblématique, mais pas d’abord sur un plan générationnel ou scolaire, mais plus globalement sur le rapport du citoyen à ses activités : combien de fois ai-je vu dans des maisons religieuses des agents d’entretien passer des quart d’heures entiers au téléphone, le balai à la main et la poubelle au pied en position statique, pour une conversation qui ne revêtait aucune urgence… et combien de fois moi-même, en rendez-vous ai-je décroché ce grossier engin qui vibrait à tout rompre pour des futilités, me rendant moi-même doublement grossier.

            Interdire le portable… nous voyons bien, lors de nos camps de jeunes, que cette exigence ne fonctionne pas : d’aucuns le planquent et en font un usage discret, la nuit tombée ; d’autres ont deux téléphones et abandonnent aux mains des animateurs celui qui ne fonctionne plus ; certains parents, malgré cette recommandation, achètent même un téléphone mobile pour leur enfant à l’occasion du séjour de vacances (avec en sus une réserve impressionnante de batteries), etc. Comme saint Paul l’avait bien compris, l’interdiction mal comprise ne fait que renforcer la volonté de la transgresser. Pourtant, il est vrai que ceux qui ont respecté la consigne et remis leur portable à un directeur, après quelques heures de râleries (désintox) ont vécu une liberté et des amitiés de qualité qu’ils n’auraient pas pu développer s’ils avaient gardé leur bulle connectée.

            Mais pourquoi ce gadget se révèle-t-il si indispensable ? La raison n’est pas à chercher dans la mode, nous savons qu’elle change : les handspinner sont déjà oubliés, mais les portables restent. La raison pratique n’est guère convaincante sous nos latitudes : l’usage d’un téléphone fixe pourrait suffire dans bien des cas aux mêmes opérations. Non, ce qui justifie notre attachement viscéral à cet objet est à rechercher plus profondément dans l’usage que nous en faisons : une forme d’autosatisfaction désangoissante dont le selfie est le symbole. Les parents sont rassurés dès l’instant que leur progéniture est équipée (on ne sait jamais ce qu’il peut arriver) ; les jeunes sont rassurés d’appartenir à un réseau d’amis ; les cadres sont rassurés d’être si important que l’on doive les contacter à chaque instant ; le citoyen est rassuré dans la mesure où, s’il est inquiété d’une manière ou d’une autre, il trouvera immédiatement un interlocuteur avec qui il pourra parler ; etc.

L’autre nom que l’on utilise pour désigner un « objet rassurant, transitionnel, qui permet à son utilisateur d’être associé à un espace de référence sécurisant » est : le doudou. Si l’on sait que, théoriquement tout du moins, l’enfant grandit lorsqu’il parvient à se passer de sa tétine, de son pouce et de son doudou… le téléphone mobile nous informe ainsi à sa façon sur la perception angoissante et stressante que nous avons de ce monde ; mais aussi sur la manière dont nous répondons à cette vision : en nous repliant sur cet objet symbolique, synonyme d’une fausse sécurité, qui ne fait qu’entretenir nos peur au lieu de les apprivoiser. Alors oui, il nous faut apprendre – et pas seulement aux enfants et aux jeunes, à utiliser cet instrument à bon escient en nous disciplinant quant à son usage. Mais… en avons-nous vraiment la volonté ? Essayez de débrancher votre téléphone mobile une semaine, rien que pour voir… ;-)

 Père Sébastien

 

10/09/2017

Dur, dur d’être chrétien…

 Dur, dur d’être chrétien par les temps qui courent ! S’il n’y avait que l’ironie de pseudo humoristes qui s’en prennent aux croyants ou l’agressivité des ayatollahs de la laïcité, ce serait presque facile… Mais non : l’actualité se charge de mettre nos convictions à l’épreuve …

Les attentats qui ont endeuillé la France, l’Espagne, la Grande Bretagne et la Belgique (pour ne parler que de l’Europe) nous ont rappelé que nous sommes en guerre. En guerre contre un ennemi d’autant plus difficile à déceler qu’il s’est fondu parmi nous, ne porte aucun uniforme et utilise un couteau, une camionnette ou une bombe artisanale pour semer la mort. Un ennemi jeune, fanatisé par des maîtres ayant pour objectif l’expansion d’un islamisme radical qu’il faut combattre sans relâche. Nous voilà donc confrontés à cette parole du Christ que connaissent bien les militaires chrétiens mais que nous avions peut-être oubliée parce que nous vivions en paix : « Moi je vous dis : Aimez vos ennemis » (Matthieu 5, 44). Peut-on aimer celui qui donne la mort aux innocents ? Comment, en même temps, combattre et aimer cet ennemi ? ...

Le pape François nous met, lui aussi, au défi dans son message sur l’accueil des immigrés publié le 21 août. Nous chantons parfois au cours de la messe : « laisserons nous à notre table un peu d’espace à l’étranger… un peu de pain et d’amitié ?.. ». Et le Pape nous explique qu’un accueil digne, cela se traduit par un logement et un travail ! Voilà qui dérange, lorsque l’on croit que l’Etat en fait davantage pour les étrangers que pour les pauvres et les chômeurs de notre pays. De même, sa demande en faveur des regroupements familiaux nous exaspère si nous considérons l’immigration en provenance d’Afrique et du Moyen Orient comme une invasion par des populations musulmanes qui nous imposeront peu à peu leur culture et leur mode de vie. Enfin, ses propos estimant que la sécurité des hommes l’emporte sur la sécurité nationale ont de quoi nous troubler.

Alors, le Pape serait-il un naïf doublé d’un irresponsable, animé certes, des meilleures intentions, mais ignorant des réalités ? En affirmant la primauté de la personne, il ne fait que rappeler la doctrine sociale de l’Eglise selon laquelle c’est le droit des personnes qui doit fonder le droit de nos sociétés. En soutenant qu’une personne ne se réduit pas à ses croyances, et qu’on ne saurait également réduire le christianisme à une identité culturelle, il nous  ramène à l’essentiel. Enfin, en insistant sur l’urgence qu’il y a à mettre en sécurité des enfants, des femmes, des hommes victimes de trafiquants de toutes sortes, il nous invite à une réflexion sur notre conception de l’asile et de l’intégration, sur nos interventions militaires, et sur nos politiques d’aide au développement, en particulier en Afrique.

Dans une interview publiée il y a quelques jours, la fille de pasteur qu’est Angela Merkel a bien résumé ce défi : « ce qui m’importe, c’est de donner une forme humaine à la mondialisation ». Ce à quoi, en pleine campagne électorale, elle a ajouté une phrase qui, à elle seule, donne à réfléchir : « si l’on commence maintenant à devoir s’excuser de montrer un visage ami face à des situations d’urgence, alors ce pays n’est plus le mien »

Bruno Voisin

30/08/2017

Merci, Père Félix !

Un grand merci au Père Félix qui a accompagné notre communauté pendant l'absence du Père Sébastien. Nous lui souhaitons un bon retour au Burkina-Faso et de grandes joies dans son ministère auprès des étudiants.

Dates à noter :

3 septembre : Sacré Pays de Bray : ouverture des églises de Forges et du Thil Riberpré avec visites de 14h à 19h

16 et 17 septembre : journées du patrimoine ; ouverture et visites de l'élise Saint Laurent de la Bellière 

16 septembre à 20h30 : concert de musique de chambre en l'église de Saint Lucien 

(Pour plus de détails, voir la feuille d'annonces dans la rubrique "Infos paroissiales)

 

25/08/2017

Le meilleur de la République

Il est des occasions où la République nous donne à voir et à entendre le meilleur. Ce fut le cas Le 26 juillet à Saint Etienne du Rouvray, lors de la cérémonie d’hommage au Père Jacques Hamel, assassiné un an plus tôt. Il n’est pas inutile, quelques semaines après cet événement, de revenir sur le dialogue entre Mgr Dominique Lebrun, Archevêque de Rouen, et le Président de la République, Emmanuel Macron.

Dans son homélie, Mgr Lebrun avait relevé « les premiers fruits » de ce drame : « l’amour vainqueur bien au-delà de ce que nous aurions pu imaginer ». Lors de son discours, il opposait les ombres de la violence, des peurs et des soupçons à la « lumière du pardon toujours recherché » et à « lumière de la foi ». Mais, de manière plus singulière, il a affirmé qu’il n’est « pas responsable et, encore moins chrétien, de penser être dans la lumière, et de juger et condamner les autres aux ténèbres. Pire encore, de penser que nos cœurs sont habités par la seule lumière tandis que d’autres, les autres, seraient les acteurs de l’ombre ».

 Le caractère particulier de l’événement a même conduit l’archevêque de Rouen - ce qui est pour le moins peu ordinaire - à évoquer, face au Président de la République, et dans une cérémonie largement médiatisée les ombres de notre société qui « ne sait plus où elle va après la mort, et se croit libre de faire tout ce que chaque individu souhaiterait, y compris abréger sa vie ou l’empêcher de naître ». Puis à dénoncer une « société qui met de côté des ressources spirituelles en chargeant la loi d’établir la morale » alors que « la morale, elle, vient du profond de notre humanité ». Rarement de tels propos ont pu obtenir une telle audience !

Tout aussi inhabituel, le propos du Président de la République remerciait publiquement ceux qui ont « trouvé dans leur foi et leurs prières la force du pardon ». De même, il a rendu hommage aux chrétiens en remarquant qu’ils restent « d’inlassables artisans de paix », même si, a-t-il dit, « tant de vos frères, tant de nos concitoyens subissent le terrorisme, et pour certains la persécution ». Plus surprenante encore dans un état laïc, sa reconnaissance du sacré, « une part sur laquelle on ne porte pas la main. Enfin, affirmant que « le martyre du père Hamel n’aura pas eu lieu pour rien », le Président de la République n’a pas manqué de souligner que, face à cette tragédie, l’Eglise avait incarné ce que la République a de meilleur : « Ici, vous l’avez emporté, car la force de notre nation réside dans cette capacité à entendre et à faire siennes les paroles de fraternité et de charité que l’Eglise de France prononça voici un an : dans cette capacité à réunir autour du corps supplicié d’un prêtre l’imam, le pasteur et le rabbin ».

Réaffirmation des convictions et humilité d’un côté, respect, remerciements, reconnaissance du sacré de l’autre : nous voilà bien loin des diatribes hostiles aux chrétiens et des moqueries de ceux qui voudraient évacuer la religion de l’espace public !..

 

 

 

 

Bruno Voisin

 

 

 

 

 

25/06/2017

Le client est roi, je dis ça au cas où Dieu ne l’aurait pas compris…

 

Une société fondée sur une économie de marché ne peut que déployer des structures connexes ou annexes qui ne sont que le déploiement ou la copie de cette matrice fondamentale. Je m’explique : les dernières élections, par exemple, ont montré à la fois une volonté de changement et une profonde indifférence. Sur le plan de l’économie de marché, on pourrait dire que l’abstention serait l’image du regard absent que l’on porte à un produit de consommation qui ne nous intéresse pas dans un rayon de supermarché ; quant au renouvellement, les publicitaires nous en rabâchent d’année en année la nécessité, on sait à quelles fins.

Ainsi, de la même manière, les hommes d’Église sont confrontés parfois à des demandes aussi farfelues qu’insensées, parfois même en contradiction flagrante avec la foi. Encore, il arrive qu’ils soient considérés, leurs équipes (bénévoles) y compris, comme une société de service destinée à satisfaire les besoins que l’on vient exprimer. Cette manière de faire est assez blessante. En effet, un confrère me racontait qu’une famille était allée rechercher au presbytère l’offrande qu’elle avait versée pour la célébration des obsèques d’un de ses membres parce que le curé n’avait pas pu célébrer les funérailles et avait confié cette mission à une équipe de laïcs. Et de la même manière, je me rappelle qu’à Bihorel, une famille avait rétorqué à l’équipe d’accompagnement : « pas de curé, pas de quête ! ». Quelle compréhension de l’Église ces hommes et ces femmes ont-ils pour n’en voir que le curé…

Outre cela, nous subissons parfois des demandes qui viennent gâcher, voire pourrir le climat de confiance qui a pu s’instaurer entre des personnes qui ont frappé à la porte du presbytère pour une demande bien précise et celui qui les a accompagnées. J’en veux pour preuve ces préparations au mariage qui se sont apparemment très bien passées, qui ont permis pendant un an à un couple de (re)prendre contact avec la foi de l’Église, cette foi dans laquelle d’ailleurs ils ont été baptisés, et qui, au dernier moment s’arcboutent sur une demande en parfaite incohérence avec ce qui leur a été transmis pendant un an. Par exemple, il arrive que, lors de la dernière rencontre, celle de la préparation de la célébration, les fiancés se murent et font bloc pour la diffusion d’une chanson dont les paroles sont en totale contradiction avec ce qui est célébré. Du style : « je sais que tu vas me quitter, mais sois heureuse quand même. » Et là, impossibilité de discuter, nous ne sommes plus du tout dans le raisonnable : ils ne veulent pas être mariés sans cette chanson idiote… Et cette belle relation que nous avons pu construire s’en trouve abîmée, gâtée. Nous avons beau, prêtre, équipes d’accompagnement, expliquer : rien n’y fait ! Nous allons leur gâcher la plus belle journée de leur vie en refusant de diffuser une chanson, preuve que « l’Église n’est décidément pas accueillante », preuve qu’ « il ne faut pas s’étonner si nos assemblées se désertifient »… Chantage, frustrations, parfois colère… Quel dommage que ce que nous avions cru être un dialogue en profondeur, une recherche de communion, se révèle n’être finalement qu’une simple consommation.

 

Père Sébastien

10/06/2017

Des prêtres, quels prêtres ?

Il y a quelques jours, le quotidien La Croix publiait une enquête sur l’image des prêtres dans la société française. Elle met en évidence leurs qualités, mais fait aussi un constat nuancé qui ne peut laisser indifférents prêtres et laïcs dans une société qui semble en voie de déchristianisation.

  Le trait le plus frappant de la figure du prêtre dans la société française repose sur un triptyque écoute – disponibilité – confiance. Pour 83% des Français, pratiquants ou non, qu’ils aient été récemment ou non en contact avec un prêtre, ceux-ci sont d’abord des hommes d’écoute. Cela va de pair avec la disponibilité dont ils font preuve (reconnue par 76% des Français), et le fait que 68% de nos concitoyens les considèrent comme dignes de confiance. Même si l’image du clergé a pu en partie être affectée par les récentes affaires de pédophilie, celles-ci n’ont pas pour autant ébranlé ce capital confiance, qui inspire le respect et dont peu d’autres figures peuvent se prévaloir dans notre vie sociale. Pas étonnant alors que, croyants ou non, 56% des Français estiment que les prêtres sont utiles à la société. Même si l’on aurait envie d’ajouter : et la Foi dans tout ça ?... 

  Cela montre sans doute la présence diffuse des prêtres dans la vie de nos concitoyens. Ainsi les trois quarts des Français adultes ont été en contact au moins une fois dans leur vie avec un prêtre. Obsèques d’un proche, mariage, baptême ou première communion d’un enfant de la famille sont autant d’occasions qui permettent à bien des adultes éloignés de l’Eglise d’écouter la parole d’un prêtre. On le sait bien dans une paroisse rurale comme la nôtre : comment mieux dire l’importance de ces contacts fugaces, de ces paroles qu’entendent alors des oreilles pas toujours bien disposées à l’égard de la religion ?...

  Cependant, plus de la moitié des jeunes de 18 à 25 ans disent n’avoir jamais été en contact avec un prêtre. Moins présents dans les lieux fréquentés par les jeunes, les prêtres risquent de disparaître de leur univers. On peut le comprendre lorsque l’on sait que si la France comptait 29 000 prêtres diocésains et religieux en 1995, elle n’en recensait plus que 15 000 en 2015 pour 13 000 paroisses : moins d’un prêtre par paroisse  et une baisse de 50% des effectifs en vingt ans  ! Cela montre, s’il en était besoin, l’extrême importance d’actions telles que les camps des jeunes organisés par l’AEPPB, seule occasion pour certains jeunes et moins jeunes d’être en contact avec des prêtres…

  Sans doute faut-il regarder ces chiffres avec lucidité, et le risque d’effacement de la figure du prêtre de notre environnement social avec une certaine inquiétude. Pour autant, gardons en mémoire ce qu’affirmait Jean Debruynne, prêtre de la Mission de France et poète, qui rappelait dans un livre d’entretiens * son passage en 1940 du Nord de la France au Sud-Ouest laïc et volontiers anticlérical : « sans transition, je suis passé d’une culture catholique à une culture laïque et paradoxalement ce basculement a sauvé ma foi ». Et d’ajouter : « Dieu s’est manifesté à moi par son absence ». Faudra-t-il s’y résoudre ?

 Bruno Voisin

 

* « Et Dieu dans tout ça ? » entretiens menés par Bertrand Révillion (Bayard Editions 1996)

 

02/06/2017

Au nom du sang versé…

 

Trois attaques ignobles ont endeuillé l’actualité de ces dernières semaines : l’attentat suicide qui a tué une vingtaine de personnes et blessé une centaine d’autres à Manchester ; l’assaut à la Kalachnikov de deux cars de pèlerins coptes (des chrétiens égyptiens) : 29 morts qui ont refusé de renier leur foi en Jésus-Christ ; et un attentat au camion piégé à Kaboul dans le quartier des ambassades qui a provoqué au moins 80 morts. Ces actes odieux ont été commis par des individus se réclamant de l’islam à travers le groupe Etat Islamique. Le pape François, lors de l’assassinat du Père Hamel, l’été dernier, a répondu sèchement aux journalistes qui lui demandaient si les religions étaient source de violence que les religions sont sources de paix. Il ajoutait que l’assassinat du Père Hamel n’avait rien à voir avec les religions ; pour lui, les religions n’ont aucune cause commune avec la guerre sous quelque forme qu’elle se présente[1].

Avec cette phrase prononcée de manière tranchante, le pape François nous invite à inverser notre manière de voir les choses telles que nous les enseigne la laïcité à la française : c'est-à-dire qu’une religion n’est pas un élément facultatif qui viendrait s’ajouter à l’homme et qui pourrait ainsi devenir source de violence ; mais les religions sont à l’essence même de l’homme : l’homme est un animal religieux. Mais c’est aussi un être créé pour la paix ; de ce fait, toute religion, quelle qu’elle soit, si elle est bien vécue à la racine de l’homme, est d’abord une réponse à la paix que l’homme est appelé à être. En conséquence de quoi, tout acte qui ferait usage d’une quelconque violence à l’égard de l’homme ne peut pas être, selon le pape François, considéré comme religieux. Soit.

Toutefois, il n’empêche que des individus se réclamant d’une religion ont commis des actes abominables et même si, reprenant la définition du pape François, on ne peut en aucun cas qualifier ni ces actes, ni ces hommes ni leur idéologie de religion, eux-mêmes prétendent cependant s’en prévaloir. C’est pourquoi je regrette profondément que les grands responsables religieux, quelle que soit la religion qu’ils représentent, n’aient pas fait entendre ou réussi à faire entendre leurs voix lors de ces attentats. J’aurais aimé que les musulmans, les autorités musulmanes, - même si nous savons bien qu’elles n’ont pas de structure unifiée, se dressent, non pas pour réaffirmer que l’islam n’a rien à voir avec ces meurtriers : ce serait leur donner encore trop de crédit ; mais au moins pour appeler les croyants de toutes convictions à s’unir au nom de la paix, à multiplier les lieux de dialogue, et à faire bloc ensemble contre ces fous qui ne sont même pas des caricatures de la vérité qu’ils prétendent incarner. Et, concrètement, je pense qu’au nom du sang versé par l’esprit de Satan pour reprendre les derniers mots du Père Hamel, les responsables religieux auraient pu encourager les croyants à un geste tout simple mais essentiel, geste réflexe post-attentat à Paris et à Manchester : donner leur sang. Ce serait un sang offert, qui coulerait non vers la mort, mais pour la vie : quelle que soit la foi de celui qui le donne, il est source de vie et d’espérance. Oui, je regrette profondément le silence qui a suivi les attentats, alors qu’une parole d’amour universelle et qu’un geste concret aussi simple que magnifique aurait pu leur être répondu.

Père Sébastien



[1] « Je parle de guerre seulement, pas de guerre de religions, a-t-il insisté. C’est une guerre d’intérêts, une guerre pour l’argent, une guerre pour les ressources naturelles, une guerre pour la domination des peuples. » « Certains diront que c’est une guerre de religions mais toutes les religions veulent la paix. Les autres veulent la guerre. Compris ? », Pape François, 27 juillet 2016

24/05/2017

Les leçons de M. Hulot

 Il est loin le temps où le producteur-animateur de l’émission de télévision Ushuaïa nous faisait découvrir les beautés de la planète dans une mise en scène un brin narcissique. Depuis, passant le plus clair de son temps dans sa résidence bretonne, Nicolas Hulot est devenu l’un des défenseurs les plus acharnés et les plus emblématiques de la cause écologique. Et son entrée au gouvernement nous donne au moins trois leçons.

 

 Tout d’abord, on ne peut prétendre défendre une cause et se contenter de la posture de l’imprécateur. Cela exige aussi de se confronter à l’exercice des responsabilités. Ainsi, après avoir successivement repoussé les propositions d’entrer au gouvernement de J. Chirac, N. Sarkozy et F. Hollande, N. Hulot a, cette fois, estimé qu’il lui fallait accepter. Il n’ignore pas qu’il se trouve désormais confronté aux contradictions de l’exercice du pouvoir. Car une chose est de définir un idéal, autre chose est de le faire coïncider avec la vie réelle, le développement économique et la défense de l’emploi de nombreux salariés. Il y a là plus de coups à prendre que de lauriers à récolter. D’autant qu’il n’est pas sûr que son aventure gouvernementale soit durable et couronnée de succès. Mais N. Hulot nous montre ici qu’il ne faut pas toujours rester les bras croisés, ou se contenter de mobiliser l’opinion, et d’interpeller médias ou dirigeants de la planète. Il faut aussi prendre sa part face aux défis qui nous attendent.

 

 Ensuite, il y a des circonstances historiques qu’il faut savoir saisir. Nous sommes aujourd’hui dans un contexte où le nouveau Président de la République bouscule les codes, s’affranchit des clivages et, au bout du compte, s’entoure de femmes et d’hommes très différents, animés d’un réel désir de changement de la politique. Ca passe ou ça casse, diraient certains commentateurs dans un contexte où la droite et la gauche classiques aujourd’hui très affaiblies sont confrontées à une nécessaire refondation. Prendre le risque de la participation à ce gouvernement, c’est aussi pour N. Hulot faire le pari que cela peut réussir et refuser de se résigner à voir notre pays s’enfoncer davantage dans la crise.

 

 Enfin, l’écologie, la défense de la planète sont indissociables d’une vision solidaire de l’humanité. Nous savons que c’est N. Hulot qui a insisté pour que son ministère soit dédié à « la Transition écologique et solidaire ». En associant ces deux termes, il impose une vision humaine de l’écologie, celle-là même qui a été développée dans l’encyclique Laudato Si, par le Pape François dont il s’est déclaré proche. Réconcilier transition écologique et solidarité, c’est remettre l’homme au cœur des questions qui mêlent économie et environnement, c’est penser qu’aucun pays, que nulle catégorie sociale ne doivent être exclus d’un développement respectueux de l’avenir de notre planète.

 

 Ces trois leçons de N. Hulot pourraient se résumer en une seule : au pessimisme résigné auquel nous nous sommes depuis trop longtemps habitués, ne répondons pas par une admiration béate ou naïve. Faisons au contraire preuve d’un optimisme raisonné : celui de la volonté. De cette volonté qui engage.

 

 Bruno Voisin

 

 

 

19/05/2017

« Sur des terres ils avaient mis leur nom… » (Psaume 48)

            Le psaume 48 ironise sur les hommes qui placent leur gloire dans des vanités en faisant valoir qu’un jour où l’autre, aussi riches ou aussi puissants qu’ils fussent, ils s’en vont vers la tombe. Parmi les actes insensés par lesquels ils sont moqués, figure en bonne position celui de mettre leur nom sur une terre. On comprend bien ce que cela veut signifier : la terre qu’ils possèdent aujourd'hui existait déjà des milliers d’années avant eux et subsistera encore des milliers d’années après eux. Qui se souvient du nom du premier homme qui a donné le premier coup de bêche à cette terre ? ou qu’il l’a enclose derrière des haies pour y faire paître son bétail ? Ainsi, même le Pays de Bray a oublié que le drainage par lequel il est en grande partie exploitable est dû à des moines dont on a oublié jusqu’à l’existence… Le temps finit par effacer tous les noms des cimetières. Pour l’auteur du psaume, mettre son nom sur une terre revient à vouloir se prétendre sinon immortel, du moins établi pour des siècles, autrement dit se comporter comme un insensé ; c’est aussi une manière d’ironiser sur ceux qui prétendraient devenir rois sur un bout de terre qui, en définitive, passera à d’autres un jour ou l’autre. Vanité des vanités, tout est vanité chantait Qohélet.

            C’est malheureusement le spectacle qu’il nous est donné à voir lors des élections législatives ou que nous avons relevé pour l’obtention de certaines mairies. Des hommes se retrouvent parachutés par un parti politique, forts de leur nom et de leur renommée pour emporter à ce titre un bout de terre dont ils ne connaissent pas la réalité. Bien sûr, on m’objectera que pour être élu, il faut avoir une résidence sur le lieu que l’on doit représenter. Ce à quoi la réalité répond par des artifices qui feraient rire s’ils n’engageaient pas l’avenir d’un territoire : grange, chambre de bonne, cabane de jardin, garage,… on trouve parfois des « logements » les plus divers pour justifier son appartenance à un lieu. Pourtant, ce sont les intérêts et les questions des habitants de ce lieu qu’un élu doit représenter à un niveau national. Certes, toutes les questions abordées par l’Assemblée Nationale ne concernent pas nécessairement le terrain : mais les qualités de gestion d’un maire ne remplaceront cependant jamais sa proximité avec ceux qui l’ont élu. Il en va de même, à mon avis, pour un député.

            Les élections précédentes, si elles ont permis l’élection d’un nouveau président pour notre pays, ont mis en lumière un appel répété de territoires, de populations, de métiers en souffrance, jusqu’à présent peu écoutés. Seule une proximité de terrain permettra aux élus de réfléchir à la réponse nationale appropriée à la colère ou à l’inquiétude exprimées. Le psaume 48 ne devrait pas être oublié par ceux qui vont représenter les Français : il est vain de mettre son nom sur une terre, comme on collerait une étiquette soi-disant prestigieuse sur un produit. En revanche, l’inverse de l’admonestation me semble plus légitime ; cela donnerait : sur leur nom, ils on mis une terre. C’est-à-dire que si le nom d’une personne s’imprègne des réalités vécues par les hommes et les femmes d’un espace géographique donné au point d’y être associé, c’est bien que cette réalité sera prise en compte dans les décisions portées par l’échelon national. Ainsi, ce territoire n’est plus pris pour le service d’un nom, aussi fameux soit-il ; c’est le nom, aussi modeste soit-il, qui se met au service d’hommes et de femmes qu’il a appris à écouter, à aimer et qu’il est prêt à servir, parfois même contre ses propres idées. C’est donc au prix d’un psaume que pourra se chercher une véritable unité nationale entre les territoires de notre pays mais aussi entre les Français et ceux qui les représentent.

 Père Sébastien +

 

12/05/2017

La politique, le sacré et la pureté…

 Nous cherchions un « homme providentiel » ? Manque de chance : aussitôt élu, de nombreux commentateurs ont affirmé qu’il ne bénéficiera d’aucun « d’état de grâce ». Décidément, la vie politique de notre pays pourtant si attaché à la laïcité s’accompagne toujours de nombreuses références religieuses, comme s’il fallait constamment relier le politique et le sacré !

 Dans ce contexte, la position des évêques de France sur ce scrutin ne pouvait que susciter bien des commentaires, et les élections passées, cette position mérite que l’on y revienne.  Même si certains d’entre eux ont pris individuellement des positions tranchées, ils se sont collectivement refusés à donner entre les deux tours une consigne de vote. La Conférence des Evêques de France s’est contentée de rappeler les valeurs évangéliques et l’incompatibilité avec elles de certains discours ou de certaines orientations. Elle en appelait ainsi à la liberté et à la responsabilité de chacun.

 Certains n’ont pas manqué de souligner qu’une telle invitation au discernement traduisait un refus des évêques de se fâcher avec une part des catholiques qu’on disait divisés. Mais que n’aurait-on entendu s’ils avaient osé donner une telle consigne ? Ils auraient été accusés de vouloir diriger nos consciences et peser sur le scrutin, bref de porter gravement atteinte à la laïcité ! En réalité, cette position se situe dans la continuité du document qu’ils avaient publié à l’automne et intitulé « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ».

 En effet, nos évêques ont, depuis longtemps, pris acte de la diversité des engagements et des choix politiques des chrétiens. Mais plus encore, pour reprendre les mots de Mgr Pontier, Président de la Conférence des Evêques de France (dans une interview à La Croix le 11 mai), ils soulignent qu’il est « difficile de tenir l’ensemble de la démarche éthique de l’Eglise et de la foi chrétienne ». Au cours des mois écoulés, certains ont cru nécessaire (pour s’en réjouir ou au contraire pour la dénoncer) d’insister sur la place importante prise par un mouvement d’inspiration chrétienne * dans la campagne d’un candidat. L’échec de ce dernier dont les causes sont multiples illustre aussi la difficulté de faire preuve de la cohérence évoquée par Mgr Pontier, sur l’ensemble des questions qui se posent au politique : questions sociales et économiques, sociétales et familiales, migratoires, environnementales, etc.

 Bien loin du sacré qu’évoquent certains mots, la politique est un terrain de dialogue, d’arbitrages, de compromis et donc de renoncements (ce qui ne signifie pas compromission). Pour autant, et même s’il est difficile d’être « pur » chrétien en politique, nos évêques nous invitent à y prendre toute notre part, notamment pour ne pas abandonner à d’autres la recomposition en cours. Et, s’il fallait à l’avenir s’élever contre un projet qui porterait atteinte à la dignité de l’homme, ils se réservent toujours la possibilité de se rappeler au bon souvenir d’un jeune Président qui se distingue de ses prédécesseurs, notamment parce qu’il a demandé le baptême lorsqu’il avait 12 ans …

 Bruno Voisin

 

* Il s’agit du mouvement « Sens Commun »

06/04/2017

LE DENIER DE L’EGLISE, NOTRE AFFAIRE A TOUS…

 Pourquoi l’Église réclame-t-elle de l’argent ?

1. n’oublions jamais que l’Église, c’est nous ! Nous, les baptisés, qui appartenons à une communauté. L’argent que nous donnons est d’abord l’argent pour que vive notre communauté. L’Église ne réclame pas d’argent, c’est à chaque baptisé d’apporter sa contribution pour que l’Église vive.

2. Comme tout société met la clef sous la porte lorsque les caisses sont vides, il en va de même pour une communauté paroissiale : si elle n’a pas les moyens suffisants, le secrétariat ferme, les églises cessent d’être chauffées, etc., et la communauté est obligée de demander l’aide financière d’autres communautés paroissiales.

3. Notre paroisse ne touche aucune subvention que ce soit des mairies ou de l’État : nous dépendons uniquement des dons qui nous sont faits.

 Les quêtes, ça ne suffit pas ?

Non, les quêtes ne suffisent pas…

1. Une quête de baptême rapporte moins de 50 euros. L’offrande demandée pour un baptême est de 60 euros minimum (nous ne les recevons pas toujours…). Sachant qu’un baptême coûte à la paroisse au minimum 130 €…

2. De la même façon, un mariage coûte à la paroisse plus de 400 € ; l’offrande demandée et la quête nous rapportent 250 €

3. Les quêtes du dimanche ont rapporté en 2016 22.305 € ; en 2006, elles rapportaient 33.167€… Nous avons perdu près de 10.000 € en 10 ans !

 Quel est le budget de notre paroisse ?

1. En 2015, le budget de notre paroisse était de 145.800 €

2. notre paroisse verse 35% des recettes ordinaires à l’évêché pour que vivent les services diocésains ; en 2016, cela représente 42.850 €.

 A quoi sert le denier ?

Le denier sert à payer les charges salariales et le traitement du prêtre.

1. Charges salariales (secrétaire + femme de ménage) = 27.800 € en 2016

2. Traitement et frais du prêtre (déplacements) = 27.250 € en 2016

3. Denier reversé à la paroisse en 2016 = 27530 € soit 50% de la charge salariale

 Combien y a-t-il de donateurs ?

En 2006 : 598 donateurs

En 2016 : 363 donateurs… nous avons perdu 240 donateurs

En 2015, le donateur le plus âgé était né en 1919 et le plus jeune en 1971… les jeunes, les parents d’enfants au catéchisme, les couples qui se préparent au mariage ou qui demandent le baptême sont largement absents

 

Nous savons bien que les temps sont difficiles pour tous. Croyez bien que nous nous efforçons de gérer au mieux l’argent que vous nous confiez. En 2016, notre paroisse a accusé un déficit de 900 €. Il nous importe que chaque baptisé prenne ses responsabilités pour faire vivre l’Église. Seulement 363 baptisés sur 12000 habitants participent au denier. C’est avec l’aide de tous que nous pourrons continuer à assurer la vie paroissiale. J’espère que vous êtes heureux et fiers d’être chrétiens ; votre communauté chrétienne ne pourra pas vivre sans vous.

Père Sébastien

Écrire à M. l'Abbé Sébastien Savarin : paroisseforgesleseaux@orange.fr  |  Accueil, horaires, permanences : cliquez ICI


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